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Olivier Adam Olivier Adam est né à Draveil, près de Paris,
le 12 juillet 1974. Il suit des études de gestion d'entreprises culturelles
puis, après un "trou noir" de quelques années où il commence à
écrire, il participe en 1999 à la création du Festival littéraire Les
correspondances de Manosque. En 2000, Olivier Adam publie aux éditions du
Dilettante son premier roman, Je vais bien ne t'en fais pas,
qui connaîtra un certain succès (160 000 exemplaires vendus en poche après
l'adaptation au cinéma en 2006). Il signe ensuite avec les éditions de
l'Olivier où il publie A l'Ouest (2001), Poids léger
(2002), Passer l'hiver (recueil de nouvelles, Prix Goncourt de Parallèlement, Olivier Adam écrit aussi
plusieurs ouvrages pour la jeunesse, publiés pour la plupart à l'École des
Loisirs : On ira voir la mer (2002), Pour le cinéma, outre la co-scénarisation de ses romans (Je vais bien ne
t'en fais pas adapté en 2006 par Philippe Lioret,
Poids léger adapté en 2004 par Jean-Pierre Améris
et Sous la pluie en cours d'adaptation par Patrick Goyette), Olivier Adam a co-signé les scénarios de L'été
indien d'Alain Raoust (2007) et de Maman
est folle de Jean-Pierre Améris (2007,
téléfilm diffusé sur F3 le 22 novembre dernier). Très influencé par la littérature américaine
contemporaine (John Fante, Raymond Carver, Richard Ford,...) mais aussi par une certaine
famille d'écrivains français des années 40 et 50 (Henri Calet,
Georges Hyvernaud, Georges Perros,...),
n'hésitant pas à aborder des thématiques sociales et politiques, Olivier Adam
a su s'imposer très vite comme un auteur qui compte dans la nouvelle
génération d'écrivains français. Côté filiations cinématographiques et
musicales, on rapproche souvent son univers et son style de ceux d'auteurs
comme Maurice Pialat, Leonard Cohen ou encore Christophe Miossec.
Depuis 2005, Olivier Adam vit avec sa compagne - Karine Reysset,
auteur de livres pour enfants - à Saint-Malo, où il partage son temps entre
la littérature et le cinéma. Extrait de La République des Lettres, 3
novembre 2007 A l’abri de rien (Editions de l’Olivier, 2007) C’est l’histoire de Marie, jeune mère de famille
fragile qui vit à Calais, là où des migrants clandestins tentent de rejoindre
l’Angleterre par tous les moyens. Depuis la fermeture du centre de Sangatte,
ces hommes errent dans un dénuement le plus total, pris au piège puisqu’ils
ne peuvent ni rejoindre l’Angleterre ni retourner chez eux. Marie va
rencontrer ces hommes au bout de la misère et tenter de leur porter secours.
Elle décide de tout donner : son temps, de la nourriture, des vêtements, de
l’argent, mais son engagement se heurte à la violence d’une situation
inextricable. Avec ce roman, Olivier Adam trace le portrait
d’une femme dépassée par la force des sentiments. C’est aussi l’occasion de
nous montrer la réalité de ces hommes abandonnés dans un no man’s land
culturel, familial, social et économique. Extraits d’une
interview de l’auteur à l’occasion de la sortie du livre A propos
du thème central du livre : “C’est aussi l’opposition de l’idée du foyer
(celui de Marie, le personnage principal), de la sphère intime, à celle du
monde extérieur. Cela ajoute une dimension de violence et d’insécurité
permanente dans laquelle sont plongés les réfugiés et dans laquelle se retrouve
plongée Marie… Plus généralement, cela renvoie au fait que le quotidien ne protège
pas de se retrouver pris dans une forme de guerre liée à la violence du
monde. “ A propos
des migrants : “En fréquentant cette ville (Calais), j’ai été
confronté à ce que tout le monde peut y voir, à savoir ces hordes de gens totalement
démunis et pris au piège… On leur reproche d’être en France alors que pour
eux, ce n’est qu’un lieu de transit. On leur dénie tout, la dignité,
l’égalité, le statut d’être humain. On utilise des mots très cliniques comme
“clandestins”, “migrants” ou “incitation au retour volontaire” alors que
derrière se cachent des gens qui fuient la guerre, la pauvreté, et se
retrouvent harcelés, violentés en permanence. Il y a aussi le tableau que ça compose :
Calais, l’ambiance de cette ville portuaire où le chômage est assez fort, où
beaucoup de gens vivent sous le seuil de pauvreté… la dimension géographique,
presque climatique, et puis dans ces rues des types qui tiennent leur vie
dans des sacs en plastique, la présence des policiers partout, les files de ces
types qui attendent pour une soupe chaude sur les quais… Tout ça forme une
espèce de tableau originel un peu cauchemardesque qui provoque
l’indignation.” A propos
de l’état psychologique de Marie : “Le personnage de Marie est assez habituel
chez moi. La première chose qui me vient est de parler des gens d’à côté (en
opposition aux personnages un peu starisés). Pour moi, la réalité se joue
dans des lotissements pavillonnaires, dans les cités HLM, chez les gens qui
ne sont pas dans ces castes dominantes et médiatiques. Marie est comme tout
le monde, résignée et fragilisée par le fait que la vie lui passe un peu à
côté… je l’ai choisie parce qu’au milieu de ses voisins et de ses voisines,
elle est à la fois un peu moins armée pour le monde mais aussi un peu moins
résignée.” A propos
de la mer, autre élément de ses romans : “…Il m’arrive d’avoir l’impression que j’écris
parfois des livres entiers pour quelques descriptions de ciels et de bords de
mer… C’est presque vieux comme le romantisme cette idée de mettre en
parallèle les états des personnages avec ceux de la nature, mais c’est
quelque chose vers quoi j’ai été toujours très porté.” A propos
des références littéraires : “Mes références premières se situent dans la
littérature américaine où je trouve ce même souci de dire la société dans sa
moyenne… Ce que je trouve dans cette littérature anglo-saxonne, c’est la vie
qui bat… J’ai une approche très physique de l’écriture…” |